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La protection sociale, pas la charité

Cinquante-cinq pour cent des travailleurs au Liban sont dans l’économie informelle, sans accès à aucune forme de protection sociale. Cela signifie que la majorité des travailleurs ne bénéficient ni de congés payés, ni de congés maladie, ni de congés maternité, ni d’assurance maladie, ni de pension de retraite. Alors que nous nous apprêtons à entrer dans le troisième mois de confinement, le gouvernement libanais n’a toujours pas présenté de réponse coordonnée pour protéger les familles les plus vulnérables. Son programme d’urgence visant à fournir une aide financière de 400 000 LBP par famille aux familles les plus vulnérables a été reporté pour une durée indéterminée. Dans le même temps, le taux de pauvreté devrait atteindre 45% en 2020, tandis que le prix d’un panier de produits alimentaires de base a augmenté d’un peu plus de 40% entre septembre 2019 et mars 2020. Cela contraint de nombreux travailleurs, notamment ceux de l’économie informelle et les journaliers, à choisir entre leur propre santé et la santé publique, d’une part, et leurs moyens de subsistance, d’autre part. Les ONG peuvent contribuer à combler les lacunes, mais les citoyens ont droit à la protection sociale, pas à la charité.

Alors qu’un nombre croissant de travailleurs risquent de subir des baisses de salaire, le chômage ou la perte de leurs moyens de subsistance, nous appelons le gouvernement libanais à donner la priorité à la mise en place progressive d’une protection sociale universelle pour tous.

 

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